Musique : Bitter Sweet Symphony – The Verve

100 - Bitter Sweet Symphony - The Verve

The First Kiss is magic

Certaines chansons sont juste magiques.

Vous marchez et votre marche prend le rythme de la musique.

Vous allez quelque part et c’est comme si tout se teintait autrement.

Vous ressentez une émotion et elle se trouve, d’un coup, décuplée par l’intensité dramatique.

Et mieux – pour un auteur : vous fermez les yeux et un chapitre, voire un livre, s’écrit sans effort sous vos paupières.

Vous voyez ce que je veux dire ?

Ok.

Eh bien Bitter Sweet Symphony est de celles-là.

Chaque fois que je l’écoute, elle a le goût d’un premier baiser.

La puissance d’une première histoire.

 

 

Douce et amère

Sa magie est le heurt de deux mots : bitter et sweet – douce et amère.

Cause it’s a bittersweet symphony this life
Trying to make ends meet, you’re a slave to the money then you die.
I’ll take you down the only road I’ve ever been down
You know the one that takes you to the places where all the veins meet, yeah.
No change, I can’t change, I can’t change, I can’t change,
but I’m here in my mold, I am here in my mold.

Parce que c’est une symphonie douce amère, cette vie

Tâchant de faire s’assembler les fins (de joindre les deux bouts), vous êtes un esclave de l’argent, puis vous mourez.

Je vais t’emmener sur la seule route que j’ai empruntée pour descendre

Tu sais, celle qui t’emmène dans les endroits où toutes les veines s’assemblent, oui.

Pas de changement, je ne peux pas changer, je ne peux pas changer, je ne peux pas changer,

Mais je suis dans mon moule, je suis ici, dans mon moule.

Well I never pray,
But tonight I’m on my knees, yeah.

C’est vrai, je ne prie jamais

Mais ce soir je suis à genoux, oui.

 

A genoux et incapable de changer le cours des choses, de faire autre chose qu’une collection de petits moments et de vies (plusieurs vies dans la vie elle-même). De joindre les deux bouts (du temps, de l’argent) et crever quand même. Et de se couler dans le moule.

Avec juste des envolées de l’âme. Créativité, musique. Prière. Mélodie qui, petit moment de grâce, illumine. Douleur qui rattache la conscience au corps.

Mais quoi que l’on fasse, non, on ne change pas.

Ou… ?

 

Ogres and Molds

Bitter Sweet Symphony est le premier single tiré du troisième album du groupe britannique The Verve.

Le single est sorti en 1995 et a fait un tabac, immédiatement.

Mais il semble que la magie ne puisse s’empêcher de s’assortir de merdes.

Un procès, déjà, pour commencer.

Malgré un accord de départ pour utiliser des échantillons d’une session orchestrale des Rolling Stones sur The Last Time, les Verve sont accusés de plagiat.

Et une merde entraînant une autre, c’est ABKCO Records, le détenteur des droits des Stones, qui s’est approprié les droits d’auteurs… à cent pour cent, oui, rien que ça.

Et.

Parce que oui. Il y a une troisième merde.

Contre la volonté du groupe, l’ABKCO a autorisé la reprise du tube pour des pubs.

C’est ainsi qu’une extraordinaire chanson inspirée est devenue la simple illustration de films commerciaux incitant à s’acheter des baskets et une voiture de marque allemande, ou le générique de matches de football.

Money, money, money.

Shit.

I’m a million different people from one day to the next I can’t change my mold,

no, no, no, no, no, no, no

Non, on ne change pas ce genre de moules.

Merde.

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L’autrice de ce blog

Autrice publiée par des médias traditionnels, blogueuse, anthologiste, j’ai aussi dirigé, 1 an durant, le magazine en ligne Etik Mag.

Aujourd’hui j’écris toujours : de la fiction (noire, principalement) et des articles pour des éditeurs, des revues, des journaux, des magazines, d’autres blogs…

Je mets également ma plume au service de personnalités atypiques et projets hors-norme… car oui, j’aime les parcours (et les personnes) qui sortent des clous, et le revendiquent !