100 films : Il est plus facile pour un chameau…

« Federica est si riche que ce privilège l’empêche de faire sa vie d’adulte, d’assumer son quotidien : les attentes de son fiancé qui voudrait fonder une famille, le retour inattendu d’un ancien amant, les conflits avec une famille déconnectée de la réalité et déstabilisée par la mort annoncée du père. Accablée, Federica cherche le réconfort dans l’imaginaire. »

 

Petit billet court et sans prétention pour ce film :

 

Qu’en dire en quelques mots ?

Drôle, émouvant, léger, intelligent.

 

J’aime beaucoup Valéria Bruni-Tedeschi.

Il y a des acteurs qui sont leurs personnages, et des personnages qui sont leurs acteurs : Federica est Valéria Bruni-Tedeschi, c’est évident.

On est (ou pas… et n’être pas sûrs en fait tout le charme) dans la biofiction, à la fois émouvante et pudique.

Valéria-Frederica est riche, on l’a compris, terriblement mal dans ses pompes, adorablement vulnérable, parlant d’un filet de voix souvent brisé et chantant faux – entourée de personnages aussi instables et déphasés qu’elle.

 

 

Décalage

Comme Woody Allen ou Chaplin, Valéria Bruni-Tedeschi développe de film en film un alter-égo féminin drôle, maladroit, attachant et faussement superficiel.

Même si l’héroïne est riche (ou célèbre), elle n’est jamais heureuse totalement – et ce décalage fait toute la profondeur de ses films.

L’héroïne essaie (et c’est ça le plus attachant) : essaie de croire, essaie de prier, essaie d’aimer, essaie d’être heureuse… mais n’y arrive que par de brefs instants d’envols, souvent plus oniriques que réels.

Les héroïnes de ses films ont beaucoup de points communs (une famille italienne, une mère – personnage « fort » – incarné à l’écran par sa propre mère (également actrice), un rapport très personnel à la religion (catholique), des histoires d’amour toujours brèves, parfois autant fantasmées que vécues, et compliquées, une certaine confusion mentale entre le réel et l’onirisme et entre les vivants et les morts (les fantômes interviennent comme des personnages vivants dans ses films), de forts contrastes… mais ne se ressemblent jamais totalement.

De film en film, Valéria réalisatrice et actrice (elle joue systématiquement dans ses propres films, incarnant le rôle principal – comme Chaplin et Allen, une fois de plus) crée un univers reconnaissable et pourtant sans cesse surprenant.

 

Danse…

Une belle métaphore du film sont les courtes scènes de cours de danse : des adultes plus ou moins maladroits y ont chacun un moment d’envol, un instant de grâce.

 

Durée : plus de 2 h.

Langue : français.

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