Étapes d’une peinture : Beyond…

Je suis partie d’une idée de trois visages, avec un lien à la nature, simplement…

J’ai, sans vraiment y réfléchir, mis en valeur des êtres peu présents dans nos images mentales positives : non seulement l’escargot (que j’ai déjà mis en scène dans The girl, the cigarette and the snail) et le pigeon, mais aussi la crevette, le scarabée (plus souvent représenté, lui), l’hippocampe, le crabe et le cafard (blatte).

J’ai toujours été frappée par l’intelligence et la capacité d’adaptation des cafards, et aussi par leur rapidité : je pense qu’ils ont beaucoup à nous transmettre…

 

J’ai travaillé sur un A3, commencé à poser les premières couleurs du visage de gauche (je suis droitière).

Puis le bleu a émergé, naturellement… Un fond bleu.

J’ai été particulièrement contente des premières couleurs posées sur la coquille de mon escargot.

 

Le foulard de la femme m’a permis l’insertion de couleurs vives, et d’une première touche d’une forme qui se répèterait dans cette « toile » (si on peut dire ainsi, vu qu’il s’agit de papier épais…) : les petites touches plus ou moins circulaires (rappel de la pluie, des gouttes, des flocons).

 

Il est devenu évident, dès ce premier tiers du tableau, qu’il serait coloré et « vibrant »…

 

Je peins avec un petit pinceau (très petit…) par petites « touches »… j’ai trouvé là mon « geste » (à ce jour du moins), celui qui rend le mieux mon regard :

Je ne vois pas le monde en 2D mais plutôt (depuis toujours) en ondes, particules, filaments mouvants…

Est-ce là un défaut de vision ?

C’est possible.

Je n’ai pas une bonne vue. Je suis astigmate.

A une époque, au cours de mon enfance, un ophtalmologue avait prédit (et s’était trompé) la perte de ma vision…

Je me souviens m’être entraînée « à être aveugle », fermant les yeux et tâtonnant partout de pièce en pièce, les mains devant.

Cela a peut-être joué… créé une appréhension du monde différente.

De même, je suis très sensible (physiquement sensible) à l’électricité ambiante, à la pression atmosphérique, au « climat » d’un lieu ou d’un groupe.

Cela vient en moi, là encore, comme autant de petites particules que je « capte ».

Peindre par petites touches, mouvements heurtés, taches, points, un tableau plus ou moins divisé de façon « parcellaire » m’est donc logique et naturel.

Je tends à cela, pour le moment…

Dès le second visage féminin, il m’est apparu que cette triade représentait, de façon symbolique, quelque chose.

J’ai pensé un moment au passé (gauche), au présent (milieu) et au futur (droite).

Mais ce n’était pas en totale adéquation avec ce que je ressentais de cette peinture.

Il m’est venu que c’était plutôt une sorte d’évolution, non chronologique mais plutôt complémentaire, autour d’un évènement de vie, ou de la vie elle-même.

Traversant à ce moment une série d’évènements particulièrement « challengeants » (je sais, le mot est incorrect, mais il dit ce que je veux dire, et je le préfère à « difficiles »), j’ai compris que je retranscrivais ma façon de les appréhender… les dépasser, les transcender, peut-être.

J’ai trouvé alors le titre de ce tableau :

« BEYOND » (à travers, au-delà, en anglais)

 

 

Le rendu photo n’est pas très bon, et cette photographie ne montre pas le tableau finalisé (les dernières retouches sont à faire)… mais il raconte déjà bien l’histoire sans mot que j’ai plus ou moins consciemment choisi, peu à peu, de raconter :

Celle, peut-être, d’une forme de résilience…

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