The Rythm of Life – au rythme du Covid-19 en France

The Rythm of Life - Yael Assia - Blog

17 mars 2020

Je n’ai pas la télé. Je suis peu les actualités – même sur le net. J’ai délaissé depuis un moment (et pour un moment encore) Incisive. Et depuis l’élection de Monsieur Macron, je ne vote plus (m’emmerdez pas sur le sujet, soyez cools, c’est une longue histoire).

Je fais quoi de beau ?

Je dessine. J’écris. Je peins. Je violone. Je me détends avec Eddy et Brett. Je vends des des peintures et des dessins dans ma boutique La Yogi Effrontée (alias The Bold Yogi) sur Etsy. Je fais du sport (moins en hiver, mais ça va revenir) : entraînement, frappe, course. Je lis (beaucoup). Je revois quinze fois mes films préférés (Little Miss Sunshine, Le Labyrinthe de Pan, Million Dollar Baby, Kill Bill, L’Homme qui tua Liberty Valence, 8 Miles, Quelques jours avec moi, Taxi Driver, Seven, les vieux films avec Marilyn, le Roma de Fellini, les Rocky, les Terminator). Je fais du yoga. J’écoute Eckhart Tolle pour zénifier la guerre de tranchées dans mes connexions neuronales – et Kim Eng aussi (j’aime Kim Eng). Je passe du temps (autant que possible) avec les gens que j’aime.

Je vis – et parfois je survis. Juste.

Je ne sais pas trop comment d’ailleurs, vu que je suis aussi douée pour vivre au jour le jour qu’un pangolin pour danser la valse… mais bah. J’essaie.

Et bon gré malgré, un jour après un autre jour après le jour qui précède et le jour qui suit celui qui précède… j’y arrive.

Donc, voilà : nous sommes le 17 mars.

Il est 9h20. En retard sur ma journée (mon côté pangolin), je mets le nez dehors.

Et j’apprends que dès midi, le confinement est de rigueur en France : plus question de sortir sans une autorisation de déplacement dérogatoire.

Même pour faire pisser ses chiens ou aller à la boulangerie.

Sur le moment, je crois (pangolin en force) que mon voisin blague.

Non – il est sérieux. On ne peut plus sérieux. Le nouveau Coronavirus (SARS-Cov 2, de son petit nom – un nom peu sympathique, vu que l’acronyme SARS évoque un « syndrome aigu respiratoire sévère »…) a pris ses aises, il s’installe chez nous, il creuse, il grignote, il ramifie.

Au début, il ne faisait pas très peur : de loin, on s’en faisait l’idée (que personne n’a démentie durant longtemps) d’un virus fragile, non aérien, qu’on ne se transmettait que de façon directe (par toux, éternuements, ou contact), et durant longtemps il a gardé la réputation de ne prendre une forme grave que chez les personnes âgées ou présentant ce qu’on appelle un « facteur de comorbidité » (c’est-à-dire, en termes simples, une faiblesse susceptible de saper le terrain immunitaire ou de compliquer le virus s’il se déclare).

Après, quand le virus approche, on se renseigne. On va, par exemple, sur le « Coronavirus Resource Center » d’Harvard – où on apprend que le Sars-Cov2 (= nom du virus — le Covid-19, c’est la maladie qu’il engendre) peut survivre jusqu’à 24 heures sur du carton, jusqu’à 3 jours sur du plastique.

[Edit du 18/10 : et des informations plus récentes indiquent qu’il serait aussi susceptible de survivre plusieurs heures dans l’air.]

Autres facteurs aggravants :

  1. le fait que le Covid-19 est une « maladie nouvelle » implique qu’il n’y a pas de « tampon protecteur » (ce qu’on appelle « immunité de groupe ») au sein de la population (en gros, des personnes immunisées à un virus ne transmettent pas ce virus aux personnes qui ne le sont pas – et les protègent ainsi de la contagion, indirectement… pour les « maladies nouvelles », ce n’est pas le cas)
  2. la contagion peut se faire par des personnes ne présentant aucun symptôme.

L’évidence, aujourd’hui, est que ralentir la propagation du virus est un geste de solidarité : quand bien même on a 30 ans, qu’on est en pleine forme, avec un terrain immunitaire musclé comme les pectoraux de Schwarzenegger et une chance du genre t’es né dans un trèfle à quatre feuilles, on peut être porteur du virus, et le transmettre à sa voisine porteuse du VIH, sa banquière dialysée ou ses grands-parents.

Ils l’attraperont sans doute de toute manière (au point où nous en sommes, c’est quasi trop tard pour stopper les choses), mais si on peut ralentir le pic de propagation, ça permettra aux hôpitaux prenant en charge les cas les plus graves de mieux gérer.

Donc voilà. Responsabilité oblige, on ne peut pas « se la jouer comme si » : on fait gaffe.

Ensuite, l’histoire des « personnes à risque » se relativise : on annonce de façon régulière des formes aiguës chez des jeunes gens ne présentant pourtant pas de « facteurs de risque ».

 

Précautions exagérées ? Paranoïa collective ? Se poser la question est plutôt sain (le doute est le terrain immunitaire de la santé mentale – tout gober sans méfiance est, me semble-t-il, un mauvais réflexe). Se demander d’où a surgi le monstre est plutôt un bon réflexe aussi. Et la réponse semble très simple : le grand méchant loup Covid-19 n’a a priori pas la gueule d’un monstre « fabriqué » en laboratoire (sous-entendu par la rumeur : dans le labo « P4 » de Wuhan).

C’est un scientifique sachant de quoi il cause qui l’affirme dans une vidéo : Olivier Schwartz, de l’Institut Pasteur. Le monsieur connait ses classiques, tout porte à lui accorder plus de crédit qu’au site « Ensemble contre le complot reptilien ».

Dans le Haut-Rhin, les services de soin sont débordés. Les soignants en burn-out. Plus assez de lits, plus assez d’appareils, plus assez de personnel, plus assez de place. Au point qu’on en est à mobiliser l’Armée pour monter, sous des tentes (comme en temps de guerre, oui), des « hôpitaux de campagne« .

Donc voilà. Non. Le gouvernement ne devient pas parano : il fait juste face. Comme le reste du monde – puisque la pandémie touche le monde entier (l’université Johns-Hopkins a même fait une carte en direct pour suivre tout ça).

 

Ce 17 mars, nous voici, en France (à la suite de la Chine, de l’Italie et de l’Espagne) en état de siège. L’ennemi intérieur : un virus. Nom de code : Sars-Cov2. Celui de son syndrome associé : Covid-19.

 

Et un quotidien devenu méconnaissable : des rues vides, des quartiers déserts, des routes presque tranquilles, un calme étonnant.

 

Un internaute disait sur Twitter (il me semble) que depuis aujourd’hui,  » le chien est devenu le meilleur alibi de l’homme », et c’est juste.

Jamais je n’avais considéré à quel point j’apprécie d’avoir deux chiens différents (avec deux promenades différentes – les deux quatre-pattes n’ayant pas le même âge) à promener.

Plus surprenant encore : moi qui pestais contre le fait d’être privée (depuis une année maintenant) de voiture et contre le temps que ça me bouffait, d’aller faire mes courses à plusieurs kilomètres (économies obligent) à pied, je bénis ma chance, depuis ce jour à 12 heures – et ces précieuses heures que je passe à arpenter une ville devenue silencieuse, quasiment déserte, et si calme.

Depuis le « couvre-feu », on entend les oiseaux. On respire un air presque sain – sans se prendre la fumée de pots d’échappement dans les bronches, les vêtements, le visage. On redécouvre un environnement qu’on avait – noyé dans la cohue des heures les plus passantes – oublié.

Et on a même une brève mais fulgurante pensée de reconnaissance pure pour la planète, qui vit une trêve – enfin autorisée, dans l’activité humaine réduite – à respirer.

 

C’est aussi un moment particulièrement propice à l’écriture : l’univers autour semble dire « chut », et pousser l’auteur à se concentrer.

 

Sans me réjouir de ce temps forcé de silence et de recentrage, je l’apprécie pour ce qu’il enseigne, pour ce qu’il offre, et pour ce qu’il est.

 

Il y a une beauté dans chaque chose. Une beauté parfois flippante, parfois douloureuse… mais une beauté.

Et si elle n’est pas dans la chose elle-même, elle demeure présente… au-delà.

Neale Donald Walsh, dans ses Conversations avec Dieu, a écrit :

Tu vois la beauté là où tu désires la voir. Tu vois la laideur là où tu as peur de voir la beauté.

Tout effondrement dessine un tunnel. Et au bout de chaque tunnel, il y a… l’autre bout, simplement. Lumière ou continuité de la nuit, on ne sait pas. Mais on ne tourne pas en rond, au moins : on marche.

On avance. On tombe. On se remet debout. On met un pied devant l’autre. On se demande à quoi bon continuer… mais on continue.

On sourit parfois – pour rien ou de tout. Et on apprend.

Et apprendre est une beauté en soi.

 

Ce soir, j’ai écouté, en boucle, cette version de l’Urker Mannen Ensemble, dirigée par Pieter Jan Leusink, du Rythm of Life, et étrangement m’est venue la certitude que je suis bien, en bonne santé, et que, malgré divers effondrements dans ma vie actuelle (et tout court), j’ai de la chance (oui, j’ai de la chance, une chance infinie – bénie soit la vie), et que je suis heureuse.

Avec ce qui est, ou malgré ce qui est : les projets avortés, les avancées difficiles, les pierres sur le chemin, les au revoir douloureux, les murs autour des choses, les amis perdus, les emmerdes retrouvés… et les mauvais souvenirs qui hantent le cerveau comme des membres fantômes… (j’en ai longuement parlé il y a quelques mois, dans une période très sombre – en anglais – sur Medium).

Je suis heureuse.

To feel the rhythm of life,
To feel the powerful beat,
To feel the tingle in your fingers,
To feel the tingle in your feet…
Un million de raisons pour être heureux, chaque jour, chaque minute.
Un million, voire plus…
Et vous, comptez-vous chaque jour vos raisons d’être heureux ?

Vous savez quoi : si ce n’est pas le cas… faites-le. Là. Maintenant. Tout de suite.

Pourquoi ?

Parce que plus tard, il est trop tard.

C’est maintenant, la vie. Maintenant. Là.

Tout de suite.

Et… Si vous avez besoin d’un coup de boost ou d’un shoot de bonheur (de bonheur simple, mais du pur bonheur), ce chœur est pour vous… cadeau !  Rendez-vous sur YouTube, après un clic sur ci-dessous (sur la vidéo). Alors… Heureux ? 🙂

 

S’il y a de la lumière dans votre âme, il y aura de la beauté en vous. S’il y a de la beauté en vous, il y aura de l’harmonie dans votre maison. S’il y a de l’harmonie dans votre maison, il y aura de l’ordre dans votre pays. S’il y a de l’ordre dans votre pays, il y aura de la paix dans le monde.

Proverbe chinois

 

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A propos

Autrice publiée par des médias traditionnels, blogueuse, anthologiste, j’ai aussi dirigé, un an durant, le magazine en ligne Etik Mag.

Aujourd’hui j’écris toujours : de la fiction (noire, principalement) et des articles pour des éditeurs, des revues, des journaux, des magazines, d’autres blogs…

Fin 2018, je crée mon propre média en ligne : Incisive.

Ce petit magazine totalement personnel me permet de publier les recherches que je mène en marge de l’écriture de mes livres, et aussi d’exprimer plus librement mes engagements et mes opinions, avec le ton et l’esprit qui sont les miens.

Je suis aussi artiste (dessin, peinture, peinture digitale).

 

yael assia - autrice - ecrivaine - photo - 2018