Yoga & Rock : 12 poses que je travaille en musique (2)

Hey ? Du Yoga avec du rock ? (suite)

On croit de loin que le Yoga, c’est forcément Om Shanti Om assorti de musiques indiennes. Pas forcément. Je vous invite à relire l’intro de ma série “Yoga et Rock” par ici !

Note : Je précise que cette série est destinée à être publiée en anglais dans les pages Yoga d’Elephant Journal, pour lequel je rédige des chroniques. Si  musique et asanas vous inspirent, vous trouverez, en avant-première, la version française dans les pages de mon blog, tous les mardi.

A raison de 2 poses chaque semaine.



Asana 3 ! Iggy Pop – The Passenger

Anantāsana : la couche de Vishnou

(Posture couchée sur le côté, jambe levée perpendiculaire)

anantasana


The Passenger est une chanson d’un dénommé James Newel Osterberg Jr., étrangement surnommé l’Iguane – je parle évidemment du chanteur et compositeur pré-punk des Stooges, qui a ensuite fait une carrière solo : Iggy Pop.

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En dehors du fait de chanter torse nu, Iggy a lutté contre ses démons comme Luke Skywalker contre son père – il a tranché le bras de la drogue à deux reprises, a perdu ses dents, a vécu dans la rue.

Dans la série des “Le saviez-vous ?”, Elijah Wood, qui a l’habitude, en tant qu’acteur, des volcans obscurs et sentiers tortueux – et des gars torse nu (type Gollum), devait, avant qu’Iggy tranche aussi ce projet, jouer son rôle.

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Mais revenons à The Passenger. Monsieur David Bowie  himself chante la-la-la-la sur les chœurs. Et rien que ça, c’est la classe.Bowie, dans l’esprit de ma dizaine, c’était LA classe, comme la notion d’exoplanète, le tunnel sous la Manche et l’acid jazz. Bon, heu, que dire… à la sortie de l’album Lust for Life, je venais de fêter mes 4 ans. Autant dire que je n’ai aucun souvenir de The Passenger.

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En revanche, adolescente, j’ai vu un extrait de Trainspotting. Ewan Mc Gregor plonge dans une cuvette de toilettes tartinée d’une merde dont on espère bien pour l’acteur que c’était des giclées de chocolat. Ou de purée d’épinards. Ou… qui sait. Il y plonge un bras puis la tête puis son corps entier dégringole. Et là on se dit que le film atteint des sommets (ou bas-fonds) dans le crade, Ewan alias Renton nage, libéré, dans une eau pure… et récupère deux suppositoires.

trainspotting_toilettes

Le film, je l’ai compris plus tard, n’est que cela : ce flottement incessant entre la vie et la mort, l’amour et la merde, les rédemptions et les conneries. 5 ans après, un autre film, à mon sens bien plus beau, plus fort, plus écorché encore, moins distant peut-être, plonge à l’intérieur des mêmes méandres et se cogne aux mêmes cuvettes noires : Requiem for a Dream. Je le verrai bien plus tard – des années plus tard… et ce sera le choc.

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Mais je me souviens encore maintenant de la scène des toilettes de Trainspotting. Je me souviens de l’impression d’alors, d’une confirmation d’un truc presque violent, et indicible : que la vie était ça. Que la vie n’était que ça : cette déchirure permanente entre ce qu’on aspire à vivre et ce qu’on vit. Entre les eaux limpides de nos désirs et les suppositoires qu’on y dégotte comme s’ils étaient le Graal dedans. Entre le plaisir que cherche Renton et sa plongée dans une cuvette noire.

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Et… n’est-ce que cela, la vie ? Non. Non ! J’ai une conviction profonde qui relève, disent mon psy, ma mère et mon banquier (pour une fois, tous trois unanimes), de la mythologie :

A l’origine, nous sommes tous des anges.

Enfin non. Hé. On se calme quand même. A l’origine, on est à peine une crotte de souris.Jusqu’à 2 millisecondes avant le Big Bang. Ensuite on est devenus un pet géant. Puis un univers dans lequel la matière qu’on voit, flaire, sent, palpe, constitue moins de 5 pour cent de ce qui existe.

Et le reste ? Des trucs fascinants : de l’énergie sombre, de la matière noire, et du vide habité de particules dites “virtuelles. Et plein de choses bizarres de ce genre – oui.

Et nous ? Anges ou non, tombés ou pas, nous sommes les passagers d’un train, en fait. Ou ses observateurs – hommes, lièvres, roches, buissons, vaches.

Et parfois les conducteurs aussi.

I am the passenger, And I ride and I ride, I ride through the citys backside, I see the stars come out of the sky, Yeah, theyre bright in a hollow sky, You know it looks so good tonight


Pas si facile

La posture d’Anantā (Anantāsana) semble, à première vue, plutôt relax. Ouaip. Que nenni.

L’étirement est comme le temps qui précède l’enfantement : c’est le début d’un cycle de travail.

Une posture de mort et de naissance

Anantā signifie “sans limite“, “sans fin“, “éternel“.

Aux commencements des temps, c’était le nom d’un serpent à mille tête sur lequel se reposait Vishnou, le dieu protecteur, dans les profondeurs du cosmos, après la dissolution, dans l’abîme, du monde ancien.

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De ce cycle du repos naîtra une nouvelle création.

Tandis que Vishnou se repose sur le serpent, un lotus éclot de son nombril. Du lotus émerge Brahma, le dieu de la création – de l’enfantement de nouveaux univers.

Ouverture, flexibilité

Anantāsana est d’abord une question d’équilibre : on s’étend sur le hanche et le flanc, les jambes d’abord collées l’une sur l’autre et le bras au sol d’abord tendu, puis doucement replié vers soi, de façon à soutenir la tête . La jambe du dessus glisse le long de la jambe au sol – comme si l’on cherchait à faire l’Arbre.

Pour la remonter, tout en douceur, la main la plus haute saisit à deux doigts (juste le pouce et l’index) le gros orteil, et le bras se tend au fur et à mesure que la jambe se tend – totalement ou non, l’enjeu n’est pas de forcer – aussi.

Anantāsana ouvre le pelvis et les hanches. C’est bien sûr un travail de souplesse. Mais si l’équilibre de la jambe basse, depuis le petit orteil en appui au sol jusqu’à la pointe haute de la hanche, et du tronc entier, n’est pas acquis, alors la flexibilité est impossible.

Pour s’ouvrir, il s’agit de se poser. De s’ancrer au sol.

Et de respirer, de bien respirer – encore une fois, comme Esther Eckhart l’enseigne (en seconde partie de sa vidéo) par ici. Maria de Noda propose, elle, une version différente (y compris dans la position de départ au sol) par là.

Ananta Namaskar

Tout le monde (je crois) connaît le “Salut au Soleil” ou “Surya Namaskar” (et ses 3 versions). Quasiment aussi connues sont les diverses (il y en a pléthore) “Salutations à la Lune“.

Savez-vous qu’il existe aussi d’autres formes de salutations, comme celle du Dragon (référence au serpent sur lequel s’appuyait Vishnou) ?

L’Ananta Namaskar,  très différent de la “Danse du Dragon”, se pratique allongé au sol, tout dans l’intériorité, au rythme du souffle – parfois, de plus en plus lentement au fur et à mesure que la respiration s’approfondit et que le corps se détend.

L’Association française de Yoga en propose une belle démonstration ici :

Oui, ok, le rythme ici change d’Iggy Pop. Mais rien n’interdit à votre Dragon d’écouter la BO de Trainspotting !



Asana 4 ! Sopor Aeternus – Saltatio Crudelitatis

Paschimottanasana : la pince

Paschimottanasana

Ici, aucun sens à chercher dans les mots. J’aime la mélodie, simplement. La mélopée douce, le rythme cyclique, envoûtant. Le grondement, en arrière-plan, de l’orage – si bien que le chant devient une pluie.

Sopor Aetenus, à l’instar de Die Form, Siouxsie ou Bauhaus , passait beaucoup dans le restaurant-bar parisien dont j’ai assuré (pas très efficacement, mais de mon mieux) le service, à l’époque gothique de mes presque 30 ans.

Même si tout n’a pas été rose, ni facile, cette période est chargée de bons souvenirs et d’amitiés fortes – et d’une certitude, encore peu connue, d’être dans le bon lieu, avec les bonnes personnes, au bon moment.

Malgré le côté sombre du lieu et le Dracula en costume qu’on avait assis sur un trône, je riais beaucoup, mangeais comme quatre, trouvais, lors de mes pauses, le temps d’écrire, visitais des musées le jour, m’arrêtais pour lire dans des Fnac, et vivais des instants lumineux – comme les visites régulières des transformistes de chez Michou ou l’accueil, un soir, de Jessye Norman (qui ne buvait que de l’eau avec bulles).

Tongue of silence, lick my lips, steal my thoughts, steal my pride. My soul lies offered as I’m waiting

 

(article non terminé – publié  pour lecture sur demande d’un groupe de lecteurs du blog)

Vous souhaitez lire la fin de l’article ? Diffusion prévue mardi 21/02 !

(pssst… vous pouvez tenter avant 😉 )

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One comment

  1. Mathilde's Closet says:

    J’adore le yoga et j’adore le rock ! Je n’ai malheureusement pas le temps de faire du yoga, bon okay, je ne prends pas le temps d’en faire… Seule je n’arrive pas à me motiver plus de 3 semaines, il me faut absolument des cours avec une copine. Il faut que je m’y mette !

    En tout cas je vais écouter ta playlist haha

    Bisous
    Mathilde’s Closet

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