Pourquoi te comportes-tu comme Dark Vador (alors que tu voudrais être un Jedi) ?

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T’aurais voulu être un… Jedi. Ça rock, non ? Mais voilà, le côté obscur de la Force, tout ça tout ça. Bref. Tu voudrais, mais tu n’y arrives pas. Que se passe-t-il ?

 

Pourquoi dès que tu sors ton sabre laser de bonnes résolutions, sages décisions et jolies promesses, le masque noir qui fait kshh kshhh (je suis ton père) se colle sur ta tronche comme une coquille de gastéropode et te fait dire (et faire) des conneries malgré toi ?

 

Si c’est une question que tu te poses, ça tombe bien parce que, en pleine prépa de ma série de chroniques pour l’automne (1), je me penche, entre autres, sur ce sujet.

 

Et comme je suis (quand ça me prend – faut pas abuser) une chic fille, je te partage mes éléments de réponse :

Pourquoi enfiles-tu malgré toi une cape noire et un masque à grille lorsque tu aspires à être Yoda ?

 

1. Parce qu’être Dark Vador, c’est plus fun.

Récemment, Justine Niogret (2) a partagé un lien vers un article dont le sujet était : les méchantes héroïnes sont plus intéressantes. Et c’est vrai.

Imagine un truc, tu veux bien ?

C’est l’histoire d’une famille. La famille Gentille. Y a Mr Gentil et Mme Gentille. Ils ont deux gosses (un garçon – une fille, gentils, évidemment). Un chien gentil. Puis un chat (ou bien une gerbille – gentils, hein… forcément gentils). Ils vivent dans une gentille maison, un gentil quartier, et tout ça. Tu situes le truc ?

Maintenant, action. Un jour, Mme Gentille reçoit trois de ses collègues pour le café. Elles sont toutes les trois très gentilles. Le café est sympa, évidemment. La discussion aussi. Le chien, très gentil, se couche à leurs pieds. Puis la conversation se focalise sur le patron des quatre femmes, qui se trouve être un homme fort gentil, dont la femme est gentille également.

Allez, sois sincère. C’est chiant, hein ?

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Chiant d’être gentil – Source image : DarkCityJumper (YouTube)

Dark Vador, au moins, il s’éclate.

Il vit, il ambitionne, il désire, il tremble, il ressent de la colère, de l’amour, il entretient des rêves, les voit se briser, en bâtit d’autres, se perd en lui-même, tente divers sentiers, etc.

 

Parfois c’est juste chiant d’être la version toujours tirée à quatre épingles, “gentille” et irréprochable, de soi-même.

 

Parfois t’as juste envie de dire merde. Pour voir ce que ça fait. Surprendre les gens. Te surprendre toi-même. Voir si ce merde changerait le cours des choses.

 

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Parce que des fois, c’est juste distrayant d’être Funny Vador, ben oui, merde !

Comme disait Mark Twain :

Chacun de nous est une lune, avec une face cachée que personne ne voit.

Et tout le monde rêve de voir la face invisible de la lune, n’est-ce pas ?

 

2. Parce que tu es un damier, chéri(e).

Tu permets, hein, je t’appelle “chéri(e)” – c’est pour te surprendre (j’explore ma lune noire). Tu pensais que tu étais Yin et Yang, un peu bon(ne) et un peu mauvais(e)… non, tout ça, là, tu vois, c’est dépassé. 

Maintenant, en psychologie, on parle de “théorie modulaire”. Chaque petite part de toi est un module.

 

Il y a le module “moi voisin sympa”, le module “modèle parental”, le module “époux(se) idéal(e)”, le module “fils ou fille à son popa (ou sa môman)”, le module “frangin(e) cool”, le module “frangin(e) pas cool”, le module “fais pas chier”, le module “cinq étoiles”, le module “glandouille”, le module “super héro ou héroïne”, le module “Bidochon en vacances”, le module “moi à la maison”, le module “moi au travail”, le module “moi seul(e) sans personne”, le module “moi costard”, le module “moi tongs”, le module intelligent, le module con (c’est fun), etc.

 

C’est fascinant, ce truc des damiers : tu es un ensemble de petites cases.  

Selon le contexte, l’interlocuteur, le but recherché, l’énergie du jour, le public autour, les résolutions du matin, le passage ou non du Père Noël, tu opteras pour une case ou une autre.

damier

Ton cerveau serait un ensemble de modules… ta pensée (et ta façon d’agir) bondissant, souvent involontairement, de case en case.

Est-ce conscient ? Oui et non. Et je peux te dire : il y aura des batailles ! 

Un exemple : mettons que ton module “épouse modèle” (ou “mari modèle”) soit l’un des plus constants en toi, depuis l’âge adulte.

 

Ce module t’importe, te définit, c’est celui que tu mets, hors de ton travail, le plus en avant.

Mais mettons (prenons l’exemple classique) que Belle-Maman ait l’art de te mettre en mode “hérisson”. 

Pour lutter contre ton module “Je Vais Craquer”, tu appelleras en toi le mode “Super Héro/ïne”, qui tiendra ferme auprès de ton module “Non Je ne Craque Pas”… mais ton module “Mr Glandouille” (parce que hé, ho, t’étais en vacances…) te tirera fréquemment la cheville.
Lors de ces difficiles vacances, si elles se prolongent, il est probable que Super Héro(ïne) jette l’éponge. Et que, maintenant seul, le module “Je ne Craque pas, Non”, en ait marre. Que module “Glandouille” gueule plus fort que les autres. Et que le module “Méga Colère” finisse par surgir, devant ton époux(se)… réduisant ton irréprochable façade (module) “Épouse modèle” (ou Mari Modèle) à une bouillie muette dans ton crâne. 

Et donc notre ami, Dark Vador ?

Il dirige peut-être tous les modules noirs en toi, peut-être une partie seulement, ou peut-être un seul, va savoir. 

Quand surgit-il ?

Quand tu as besoin de lui. Quand tu l’appelles. Quand tu le repousses (“ce qu’on fuit nous poursuit”). Quand l’Étoile Noire passe. Quand un Jedi, pétri de bonnes intentions certes, mais réellement chieur, te casse les burnes. Quand RD2D te passe de travers le message de Leïa. Quand Belle-Maman t’offre un cactus. Quand le gars de la météo se goure. Quand Chéri ou Chérie ne veut pas. Quand ta nuit n’a pas été top. 

Quand simplement vient le tour de Vador de prendre la parole dans ta vie, peut-être. 

Te parler je devais.

Te parler je devais.

Faut bien qu’il s’exprime. Pauvre chou.
Va savoir.

3. Parce que Dark Sidious (cet enfoiré) t’a pris en otage !

 

Tu sais ce que c’est, l’amygdale ?

 

Non, pas le machin que t’as dans la gorge.

 

Dans le cerveau. Ça te dit quelque chose ?

 

Bon. Faisons simple. Tu me suis ? Ça va par deux, c’est comme les couilles, c’est gros comme deux petites amandes, et comme les deux sont reliées, l’ensemble ressemble à un casque de walkman – à l’intérieur de ton cerveau … c’est ça. 

Et dans la piste de ton walkman, il y a, disons, la voix de Dark Sidious.

 

Ton amygdale je suis... ton cortex je prends en otage ! (tam, ta, ta-tam, ta, ta-tam - les journaux qui m'emploient ne paient pas pour la musique - on se débrouille comme on peut avec ce qu'on a !)

Ton amygdale je suis… ton cortex je prends en otage ! (tam, ta, ta-tam, ta, ta-tam – les journaux qui m’emploient ne paient pas pour la musique – on se débrouille comme on peut avec ce qu’on a !)

Crois pas, hein, ce squatteur de ton crâne n’est pas méchant. C’est même un vaillant petit soldat qui veut ta survie, à la base ! 

Ce qui compte, en gros, pour Sidious, c’est ce qui se rapporte à :

  • manger (comme Homer Simpson : miam, donut, miam !),
  • baiser (je te fais pas de dessin : joli cul ou beaux pectoraux, miam aussi selon Mr Sidious),
  • maintenir ton statut (rival(e) ! rival(e) ! moi devoir éliminer rival(e) !),
  • danger (il arrive que ton chef, pour l’Amygdale Sidious, ait la tête du Tigre à Dents de Sabre)…
  • – mais aussi, et là je vais te surprendre… la défense de la progéniture (cri bébé ! cri bébé ! moi sauver bébé, vite ! – ou le bouffer, peut-être… donut, miam)
 ... quand je te disais qu’au fond, il n’est pas (pas toujours) mauvais, le vieux gars Sid'.
Si tu résumais, tu dirais quoi ? 

Peut-être ceci : que Dark Sidious, il règne sur le désir primal, les urgences vitales et la peur.

Et tu aurais raison ! D’autant que la peur, je peux te dire… c’est son dada ! 

Une ombre sur un visage… oh, peur ! Un sourire qui ressemble à une grimace… oh, peur, peur ! Une menace que tu crois percevoir dans une phrase… peur, peur, peur !

Le vieux Sid, tu vois, il fonctionne comme ça. Il est en faction, sens aux aguets, et il détecte tout… toutes les menaces. 

Et il se trouve que Sid est puissant, et contrôle un méga-réseau en toi.

Imagine une immense étoile noire en toi-même, qui part du centre de ton cerveau, se ramifie jusque sous ton front, se connecte à tes émotions, à ta mémoire (notamment grâce à une autre petite créature appelée, à cause de sa forme, l’hippocampe – qui se souvient, par exemple, que tu t’es fait agresser dans telle rue et telles circonstances), et plein d’autres câblages en toi.
Et dedans, il y a un tableau de bord. 

Et dans ce tableau de bord, un système d’urgence. Le genre “mise en mode automatique” (le système nerveux autonome). 

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La bascule en mode “Côté Obscur”…

Si le vieux Sid appuie sur le bouton rouge… t’es foutu, c’est la prise d’otage !
Tes réactions, tes mots, ta pensée, ton analyse d’une situation, ton ressenti, tout… tout ne sera qu’un gros flingue sur ta tempe, avec Sid derrière, cagoulé.

 

Euh… oui mais, euh… me diras-tu. Je contrôle mes décisions, non, tout de même ?

Un peu… si peu…
Laisse-moi te surprendre.
Venons-en à un quatrième point… en un sens, le plus flippant de tous.
Appelons-le : 

4. “L’avocat du diable”

Tu crois contrôler tes décisions ?

 

Au moins celles qu’ensuite, tu expliques ?

Celles dont tu peux dire :

Oui mais là j’ai fait ça parce que.

Ou :

J’ai consciemment pris cette décision-là, parce que.

Hum. Tu crois ?
Comme je t’aime bien (mais si), je voudrais pas te décevoir, mais… non, tu ne contrôles rien, rien comme tu le penses, en tout cas. 

Plusieurs expériences scientifiques (à la suite d’une première, menée par Benjamin Libet) ont été conduites (avec électrodes, IRM et autres).

Leur conclusion (je t’épargne les détails, mais avec google et le nom de Libet, tu en trouveras autant que tu veux pour satisfaire ta curiosité) est… à peu de chose près, unanime :
Tu DÉCIDES (ou crois décider – ce serait plus juste) d’un mouvement (d’une réaction) environ 5 à 8 seconde APRÈS que tu aies commencé à réaliser ce mouvement (à réaliser tel ou tel acte).
Ton action PRÉCÈDE ta pensée.
Et l’avocat du diable, alors ? Non, cette fois, ce n’est pas Sidious.
C’est ton… que dire ? Ton impresario. Ta “bonne version de toi”. Ton “moi sociable”.
Tiens-toi bien, je vais te raconter une expérience (scientifique, hein, pas une simple “histoire”). Et prépare-toi… parce qu’elle est flippante ! 

L'avocat du diable... ton "moi sociable" - celui qui veut "présenter bien, propre" devant les gens.

L’avocat du diable… ton “moi sociable” – celui qui veut “présenter bien, propre” devant les gens.

Un expérimentateur présente des photos à divers cobayes hétérosexuels.
A des femmes, il montre des photos d’hommes… à des hommes, des photos de femmes. Les cobayes choisissent entre deux photos.
(Et dans le cas où tu t’interroges, il n’y a aucun piège. Ce sont toutes des photos de visages. Toutes différentes, l’une par rapport à l’autre, et reconnaissables.)
Comme si par exemple je te donnais à choisir entre Angelina ou Sharon.
angelina-sharon

Tu choisis Angie ou Sharon ?

Ou mettons : entre Brad et Sean.
Mettons, le gars, il choisit Sharon. On lui demande pourquoi. Il dit : “J’aime l’invitation dans son regard, le côté léger et ludique, mais on sent une femme intelligente, qui a du caractère, et j’aime ça.”
Ok. On lui présente d’autres duos. Chaque fois il choisit et justifie.

 

Puis l’expérimentateur (ce vicieux) lui tend, un peu après, la photo d’Angie et lui demande : “Pourquoi vous l’avez choisie, elle, et non l’autre ?” (et idem pour l’ensemble de ses choix – inversés de façon systématique).

  1. Première constatation… seulement 26 pour cent des gentils cobayes (hommes comme femmes) s’aperçoivent qu’on vient de les berner !
Quand on le leur a signalé, plus tard, ils ont été extrêmement surpris - au point même que plusieurs ont mis un point d’honneur à nier.
  1. Et la seconde constatation est pire : avant qu’on leur révèle l’interversion de toutes les images, les cobayes ont justifié le “choix” de chacune des images… qu’ils avaient en vérité rejetées.
Ainsi, notre gars qui avait choisi Sharon, rejetant d'office Angelina, et à qui on demande : "Pourquoi ce choix d'Angie, plutôt que Sharon ?", expliquera que Sharon n'était pas son type, pas le genre de femme à l'intéresser - ou du moins, pas sur cette image. Qu'Angie est mystérieuse, un peu distante, rêveuse et secrète... il aime ça.
L’Avocat du Diable, vois-tu, c’est celui qui justifie ce que tu fais, avec une égale conviction – quoi que tu fasses (aies fait).
Pourquoi justifier ? 

Pour les gens autour, pour ton chef, pour ta réputation, pour sauvegarder l’image propre que tu aimes avoir de toi-même, pour ton père, ta mère, la boulangère en face, les gens sur Facebook… le monde est peuplé de regards (ne serait-ce que le tien, et celui de ton miroir).

 

L'Avocat du Diable (source : La Montagne.fr)

L’Avocat du Diable (source : La Montagne.fr)

Le problème de l’Avocat n’est pas la vraie raison de tes actes (à la limite, ça, il s’en branle) : c’est de les justifier auprès d’autrui (et de toi-même) – de leur donner un sens acceptable.
C’est pour cela que nos cobayes ne disent pas : “Oh ben je ne sais pas pourquoi j’ai dit Angie, bon sang… parce que non, vraiment, c’est Sharon. Vous êtes sûr que j’ai dit Angie ? Parce que, non, hein, y a pas, la photo que je préfère, c’est Sharon.” 

Ils ne le font pas, et tu sais pourquoi ?

Parce qu’ils ont changé d’avis entre temps ?
Non ! 

Simplement parce qu’on leur affirme qu’ils ont fait, à voix haute et devant témoins, le choix d’Angie. Ce choix étant confirmé (peu importe le choix – il est fait, trop tard), l’Avocat arrive au galop (se foutant royalement de qui sont Angie et Sharon) et cherche un script qui va tenir debout, rapido sur le fait qu’Angie t’a plu, non Sharon (mais l’inverse fonctionnerait aussi). 

D’ailleurs, selon toi, qui avait déjà formulé la justification du choix numéro 1 (celui de Sharon) ?

Oui, dans le mille ! C’était déjà… l’Avocat.

L’Avocat c’est ça… il justifie.
Tout. Absolument tout. 

Comme Maître Vergès, il se fout que tu aies agi comme un angelot (quoi que ça lui fera moins de boulot… il préfère), ou un monstre : son truc, son dada, c’est de tout recoudre, et de faire en sorte que ça tienne.

Il coud sans cesse une “bonne” image de toi (celle que, toi aussi, tu préfères !). Ou bien cohérente, a minima (faut que ton choix colle avec le perso que tu veux jouer, et que les autres autours attendent de toi : s’il ne colle pas… faut le faire coller, et c’est le noble boulot de l’Avocat !) 

L'Avocat recoud tout, déchirures, conneries, incohérences... de Vador, il ferait Mickey Mouse !

L’Avocat recoud tout, déchirures, conneries, incohérences… de Vador, il ferait Mickey Mouse !

De ce point précis, retiens deux choses :
  1. On fait nôtres des choix qui ne sont pas nôtres (s’ils sont plus simples pour notre confort moral ou si cela semble plus cohérent).
  2. On dit que des choix qui étaient bien nôtres – voire le sont encore – ne le sont plus, et ne l’étaient même pas – non non, juré ! (si cela est plus simple pour notre confort moral ou si le déni est plus cohérent – l’Avocat, se chargera de tout recoudre !).

Et où est Vador, dans tout ceci ?

  • Il est peut-être dans le fait de te nier (ou te renier) toi-même.
  • Il est dans des mensonges que tu présentes comme une vérité devant les autres (et plus grave encore : en toi-même).
  • Il est dans le fait de bosser en tant que Mr Gentil comme prof de collège alors qu’en vérité, tu aspirais à “j’aurais voulu être un artiiiiste”, de tout ton être.
Le Diable n’est pas que dans les actes. Il est dans le fait de se trahir.
Mais surtout, le plus inquiétant, c’est cette part d’orgueil, en nous-même.
Celle qui nous fait nier nos propres actes. Celle qui nous fait nous obstiner dans une erreur, dans un chemin d’épines, dans une impasse.
Celle qui nous empêche de dire : je suis ça.
Qu’importe ce matin, qu’importe hier, qu’importe ce que tu penses, crois savoir de moi, ce que je croyais savoir de moi aussi : ma vérité, aujourd’hui, c’est ça.
Être cohérent, avec celle-ci.
Comme quand Vador ôte son casque…
Vador ôte le masque.

Vador ôte le masque.

Oui c’est moche. Oui ça fait bizarre. Dark Sidious sera furieux sans doute. Et Vador en crèvera peut-être.
Mais dans ce geste, il est pleinement lui-même. En accord avec lui-même.
Et il revit.
Mais revenons-en aux raisons pour lesquelles Vador, par moment (enfin la Force Obscure), te court-circuite.
… la cinquième raison (et non la moindre) est que :

5. C’est un rhube condagieux, ba bodde dabe (3).

Connais-tu l’expérience dite “de la poupée Bobo” ?

La sélection :

Des expérimentateurs ont sélectionné 72 enfants (garçons et filles) âgés de 3 à 6 ans, sans agressivité particulière, et les ont divisés en trois groupes.

La préparation :

  1. Dans le premier, 12 garçons et 12 filles ont été invités à regarder un adulte attaquer “pour jouer” une poupée gonflable nommée “Bobo” avec un marteau et la lancer en l’air en criant “Pan ! Boum !”.
  2. Dans le second groupe, 12 garçons et 12 filles (mêmes âges) ont vu un adulte jouer avec divers jouets, ignorant la poupée Bobo.
  3. Le troisième groupe de 24 enfants n’a eu aucune préparation particulière.

L’expérience :

A la suite de cela, les enfants étaient emmenés l’un après l’autre, pendant 20 minutes chacun, isolé des autres (enfants comme adultes), dans une salle.
Devant l’enfant, seul donc, se trouvaient divers jouets, certains classiques, et sans connotation de violence, d’autres l’évoquant : maillet, pistolet en plastique, etc.
Les enfants précédemment exposés à la scène de violence “jouée” par un adulte attaquèrent dans leur grande majorité la “Poupée Bobo” – les autres, pas.
La violence des enfants dépassa même celle “jouée” par les adultes. La poupée Bobo subit tout : coups de pieds, de poings, insultes, etc.
"Monkey see, monkey do" (le singe voit, le singe fait) dit l'adage.

“Monkey see, monkey do” (le singe voit, le singe fait) dit l’adage.

Ce sont des enfants, direz-vous… ils imitent.
Les enfants, les petits surtout, c’est super malléable (leur cerveau l’est, d’ailleurs… c’est indéniable). Tout ça tout ça. Mais euh… non, pas nous.

Les adultes seraient-ils à l’abri de ce “rhume émotionnel” ? Tu es sûr(e) de l’être ? Oh que non…

Ça te fait mal de penser que toi, tu te laisserais aussi entraîner par les circonstances, par les autres ?
D’imaginer que tu obéirais aux ordres d’un monstre (le côté obscur), aveuglément ?
Oui, je comprends. Ça me fait mal aussi. Mais, tu sais quoi ? Quelle que soit la vérité sur notre malléabilité, sur notre faiblesse, sur les racines sombres en nous, on va la regarder, cette vérité. On va la considérer – bien en face.
On va l’affronter, là, ensemble – affronter nos côtés obscurs.
Pour aller au-delà – et devenir meilleurs.
Faisons ce chemin, ami Padawan. Donne-moi ta main. Tu vois, cette salle ?
Oui, c’est un labo. Avec un scientifique en blouse blanche.

– Bonjour, dit-il, je suis le Docteur Milgram.

.. dans la suite, deux expériences glaçantes (hélas réelles)….
et un détour par ton propre cerveau, encore… et
le grand retour de Maître Yoda !

En attendant, ami Jedi, que la force soit avec toi (et je te tiens au courant de la suite !)

(suite à venir… ouais, je module sur mon côté vache !!! 🙂 =)

(1) : Tu pourras me suivre, si tu lis l’anglais, sur Elephant Journal, Your Tango, Folk Rebellion, Rebelle Society, Thought Catalogue...
(2) Justine, outre le fait d'être comme je le suis militante pour le droit animal, est aussi l'auteure (originale - elle l'est toujours) de Chien du Heaume, Gueule de Truie et d'autres histoires courtes et longues primées dans la Galaxie SFF.
(3) Lire : "C'est un rhume contagieux, ma bonne dame."
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