Le succès, selon une entreprise sociale

“La recette de votre succès”, “Les clés de votre réussite”, “Les secrets pour générer plus de like sur votre page Facebook”, “Devenir incontournable en 6 jours”, “Comment devenir riche”, “Comment générer 3K de CA en faisant ci et ça”, la liste est longue…
Parfois, on a l’impression que le succès, dans la vie (et dans l’entreprise) ne tient qu’à ça : combien tu as de followers, de like, de vues, d’amis, de relations, d’enfants, de voitures, de clients, de taux de conversion, de kilos de CA…

A propos, plus spécifiquement, de la présence online, Marion, dans son blog Civis-Mundi, parle de “banalisation du succès”.

On ne veut plus être connu et reconnu pour son travail, sa passion, son talent. On veut être connu pour être connu, déplore-t-elle.

Ce phénomène, très lié aux réseaux sociaux, a-t-il aussi gangréné nos vies ?

Et dans l’entreprise, y a-t-il d’autres voies ?

Oui, il existe des OVNIs du monde de l’entreprise. Et je vais vous parler de l’une d’elles, qui me tient à cœur (puisque je travaille à monter mon propre projet, ma “Tribu Etik“, sous cette forme). Le p’tit nom qui la différencie ? Le mot “social”.

Savez-vous ce qu’est une “entreprise sociale” ?

entreprise sociale

D’abord, c’est une entreprise. En quel sens ?

  • Premièrement, elle peut l’être dans sa forme juridique. Une entreprise sociale peut être une SARL, une SA, une SNC, une SCOOP, une société mutuelle, etc.  Notez bien le “elle peut”, parce que ce n’est pas obligatoire. L’entreprise sociale peut aussi adopter le statut d’une association ou d’une ONG, par exemple.
  • Deuxièmement, l’entreprise sociale doit être une entreprise au sens de projet cadré, défini, bien structuré, bien étudié… et économiquement viable.

La mission et les objectifs d’une entreprise classique

Le but d’une entreprise classique est de générer du profit.

Je ne dis pas que c’est le seul but… mais ça reste le but principal.

Si une entreprise sert ses clients, c’est avant tout le Marché qu’elle sert : le principe de l’offre et de la demande, et celui de bénéfices à faire.

Sa mission première sera simple : gagner (et faire gagner) de l’argent.

Elle créera de l’emploi, parfois de façon très humaine. Elle créera des produits, parfois avec passion. Elle créera de la valeur, parfois originale. Elle créera de la différence, et aussi de la concurrence. Elle génèrera des élans, de l’innovation, des idées nouvelles : “Ceci est une révolution“, comme disait un certain Steve Jobs.

steve jobs

Elle créera parfois du progrès, œuvrant (ou non) à un monde meilleur. Elle couvrira parfois des activités moins licites. Ou ne sera qu’une case, sur un jeu de Monopoly, que des groupes rachètent, revendent, et phagocytent.

 

Quoiqu’il en soit, l’argent sera au centre.

Les bénéfices rémunèreront le risque (apporter un capital, au début d’une activité, c’est un risque), les salariés, les investisseurs, les actionnaires (et parfois, en tout premier lieu, les actionnaires…)

La réussite, selon l’entreprise classique ?

Le profit !

Le fait d’être rentable.

Et parfois, hélas… à tout prix (salaires bas, qualité moindre, fournisseurs moins payés, délocalisations, obsession de la productivité et du chiffre, réduction des avantages sociaux, dégradations des conditions de travail et du matériel, etc.)

Et donc, quelle différence, du côté de l’entreprise sociale ?

D’abord, on ne part pas de la même chose.

L’entreprise sociale part d’un besoin non économique, mais social

Là où l’entreprise classique part d’un besoin de marché, l’entreprise sociale part d’un besoin social ou environnemental (et parfois les deux en même temps).

entreprise sociale besoin

Elle ne se dit pas, à la base : les gens ont besoin d’un téléphone plus gros, ou plus mince, ou plus petit.

Elle constate qu’en 2016, on compte environ 8 millions de personnes “pauvres” en France.

Elle constate que les inégalités augmentent.

Elle constate qu’entre 1960 et aujourd’hui, les émissions de CO2 sont passées de 10 à plus de 40 milliards de tonnes.

Elle constate que les surfaces artificialisées en France s’étendent – jusqu’à 60 000 hectares par an (soit l’équivalent du département de Seine-et-Marne tous les 10 ans), ce qui a des conséquences dramatiques sur l’écologie (sans compter l’effondrement des sols, coulées de boue, etc.), l’agronomie (les terres sont de plus en plus pauvres) et la biodiversité.

Elle constate que (les chiffres variant selon les sources) entre 20 000 et 50 000 espèces s’éteignent chaque année, depuis la période du règne de l’Humain (période que certains scientifiques ont surnommée “Anthropocène”).

extinction espèces

Elle constate que, tandis que les ressources diminuent, la population s’accroît à une vitesse exponentielle (dans les années 50, nous étions 2.5 milliards, en 2050 nous serons sans doute 10 milliards !).

Elle constate que le changement climatique, lui aussi, accroît les inégalités.

C’est cela que l’entrepreneur social regarde – cela et non l’économie des Marchés.

La mission et les objectifs d’une entreprise sociale

mission-entreprise-sociale

Face au constat alarmant sur la réalité de l’état de notre planète et de celui du monde d’aujourd’hui, la mission de l’entreprise sociale sera de relever un défi :

Devant cette situation dramatique (nous sommes dans un train fou, sorti des rails), que pouvons-nous faire ? Comment ? Avec qui ? Pour qui ? Avec quoi ?

L’entrepreneur social peut répondre à la pauvreté croissante par  des épiceries sociales, au chômage par des chantiers d’insertion, à la pollution par l’éco-construction, à la crise des ressources énergétiques par des coopératives au service de l’énergie renouvelable, au surendettement par des crédits solidaires, à la discrimination par des activités prônant l’inclusion de profils “différents”, au vieillissement de la population par la mise à disposition de bénévoles, à l’industrialisation à outrance par des concepts “slow”, “durables”, “bio”, “paysan”, etc.

Une mission, c’est quoi, exactement ?

Avant tout, l’entrepreneur social travaillera sur le concept de sa “mission sociale”, c’est-à-dire sur l’impact qu’il souhaite générer par son entreprise.

Cette mission peut-être de réduire la pauvreté dans le monde, ou en particulier en France. Ou encore de lutter contre la discrimination des handicapés. Ou d’œuvrer au reboisement d’un territoire. Ou d’encourager et de favoriser le développement de l’industrie et de l’agriculture locales. Ou de lutter contre la production de déchets par le recyclage ou la revalorisation. Ou de lutter contre l’exploitation animale par le biais d’une association, etc.

Par quels moyens ?

La mission est la définition, précise et concise, d’un idéal.

Par exemple (pour les fans de Star Wars), pour Luke Skywalker, sa mission est de lutter contre l’Empire et les forces du mal.

mission-idéal-2

Le moyen, c’est  : “Concrètement, comment réaliser cela ?”

Pour reprendre l’exemple de Star Wars : comment lutter ? par le sabre laser ? par le vaisseau ? par une armée ? par une confédération ? par le vote au sein de l’assemblée ? en coupant le bras de Vador ? en lançant des cours en ligne gratuits proposés par Obi-Wan et Yoda ?

Le comment pourra évoluer. La mission, elle, ne changera pas.

Vous pouvez trouver mille façons de réduire la pauvreté dans le monde. Mais votre mission restera la même : réduire la pauvreté. Le centre de toutes vos actions est là.

Et le succès d’une entreprise sociale ?

Il se mesure en terme d’impact – social et/ou environnemental – et non (ou non prioritairement) de CA.

Des entreprises sociales à découvrir :

La liste serait longue (c’est bon signe !) et je consacrerai plus tard à ce sujet un article un peu plus exhaustif (pour le blog de Tribu Etik, peut-être).

Prenons-en trois, juste pour exemple :

Et le Blogging ?

Et au fait, ce mouvement d’engagement des entreprises et de la société pour un monde plus solidaire, une société plus respectueuse de l’écologie, se répercute-t-il dans les blogs ?

Oui ! Si vous surfez de blog en blog, vous le constaterez vous-mêmes. Beaucoup de blogueurs consacrent un peu de l’esprit de leur blog, ou au moins certains de leurs articles, à “comment changer“, “changer ses habitudes“, “se changer soi“, “que puis-je faire pour rendre ce monde meilleur“….

A ce sujet, je vous invite à découvrir 3 blogueuses que j’aime particulièrement, à travers des articles qui reflètent cette vision du monde, et ce choix de la “prise de conscience” :

Angélique

  • Le jour où je suis devenue végétarienne“, un billet de Nadia sur le site photographique (et bien plus) du duo de choc des “Monkey Dose“, a fait récemment le tour (ou presque le tour !) de la Toile. Pas besoin de le présenter. Le titre dit beaucoup… et l’article détaille le reste !

Nadia

  • Et enfin, je vous invite, si vous ne connaissez pas Ena, de “Les Elans d’Ena“, à la découvrir ! Chanteuse et compositrice de talent, elle se définit comme une “trentenaire, maman, végane, qui aime la douceur, les rires, la poésie, le yoga et le rock’n’roll…” Dans un billet d’octobre 2016, Ena partageait “5 raisons d’abandonner la VEO – violence éducative ordinaire“.

Ena

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5 comments

  1. Angélique says:

    Super article ! Cela serait tellement bien si plus d’entreprises sociales pouvaient prospérer face aux entreprises classiques avides de pouvoir et de profit…

    En parlant de l’entreprise zéros gâchis, il y aussi l’association ou du moins le collectif mondial “Food not bombs” basé dans toute les grandes villes du monde qui devrait t’intéresser ! J’y ais participé une fois et c’était vraiment génial. Nous collections de la nourriture vegan dans les marchés, les jardins bio, dans les invendus alimentaires… Nous les cuisinions toute la journée avec les membre de l’association et au soir, nous passions toute la soirée et une partie de la nuit à distribuer les repas vegan dans la rue, gratuitement aux gens (sfd, touristes, habitants, voisins, curieux etc…).

    Et je te remercie pour la référence, cela me fait vraiment plaisir ! 🙂

    • Yael says:

      Ah, en effet ! C’est vraiment génial ! Ça fait un bien fou de savoir ça 🙂

      Voudrais-tu faire un article, avec ton témoignage et une présentation (même rapide) pour le blog de Tribu Etik ?

      • Angélique says:

        Avec grand plaisir Yael ! 🙂
        Par contre, il faudra patienter un peu car avec les voyages, j’ai pris beaucoup de retard dans la rédaction de mes articles (j’en ai une quarantaine à écrire dans ma to-do list) ^^

  2. Golden Cheer Grahams says:

    Wahou ! Super intéressant ton article !
    Le problème c’est qu’une entreprise sociale à un minimum d’éthique, les entreprises cherchant uniquement du capital gagnent plus et donc prospèrent plus…
    C’est triste à constater…

    • Yael says:

      Ce que tu mentionnes, c’est la vision qu’on a encore (à tort) de l’entreprise sociale.

      Pourquoi ?

      Parce que “l’entreprise sociale” comprend aussi des associations, par exemple, qui n’ont pas de but lucratif.

      Mais les entreprises sociales adoptant un statut (une forme juridique) d’entreprise ont aussi en tête ce paramètre de réussir, y compris financièrement.

      Dans quel but ?

      Pour créer de l’emploi, pour participer à une dynamique, et aussi pour révolutionner l’économie dans son propre cœur, sur ses propres bases. En gros, ce que dit une entreprise sociale (sous forme d’entreprise) c’est : ok, nous aussi on va réussir, et pourquoi pas faire du chiffre… mais autrement !

      Et je t’assure qu’il y a de très belles (et même d’éclatantes) réussites, parmi des “nouveaux entrepreneurs” !

      Merci de ton commentaire et de ta visite 🙂

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