Dieu, le thé blanc et les fractales

Si je te dis Fibonacci, symétrie, spirale logarithmique, fractale, double-hélice, cercles, Phi (ou nombre d’Or… et sa divergence), polygones, ou encore le modèle de Murray, ça te parle ?

Si tu es matheux ou amoureux des sciences (et de la nature), certainement – sinon, à l’exception du cercle, de la symétrie, et au mieux de la double-hélice (si tu es familier de la structure de l’ADN… ou des hélicoptères), peut-être pas.

Cadres clos, tableaux infinis

Ces “patterns”, ces séquences, ces motifs, me font rêver depuis que je suis petite.

Je me souviens que je pouvais rester des heures à regarder le roulement du tambour d’une machine à laver ou les motifs d’un tapis sur le sol.

Le kaléidoscope que l’on m’avait offert – je ne sais plus qui, et je ne sais plus quand – me fascinait peut-être plus que tout, par son côté à la fois simpliste et complexe.

Quelques fragments de couleur répétés par un jeu de miroirs. La main qui secoue. les angles différents. Et des motifs sans cesse changeants.

Schopenhauer en parlait comme d’une métaphore de l’univers clos où tout demeure et tout change, à la fois.

L’univers est fait des mêmes éléments, les forces et l’énergie sont les mêmes depuis le départ, et pourtant tout ne cesse d’évoluer et d’opérer des métamorphoses, et rien, aucun instant, n’est reproduisible.

Et les figures mathématiques, donc ?

Elles sont partout, comme une forme de langage avant le langage, d’écriture avant l’écriture.

Dieu est dans les écailles

Non, je ne suis pas devenu le prophète fou de l’Étoile Mystérieuse de Tintin, annonçant à coup de gong la fin du monde ou des conifères ! Je fais juste un jeu de mots avec “Dieu est dans les détails” (et, me rétorqueras-tu, le diable aussi).

Ok. Regarde une pomme de pin.

pomme-de-pin-fibonacci

Les écailles, reliées, dessinent des lignes. Des courbes, plutôt,  qui vont de la base vers la pointe, dans un sens, et si l’on regarde autrement, dans l’autre sens (et il y en a même un troisième).

Amuse-toi à les compter. Dans un sens. Et aussi dans l’autre (et dans le troisième, si cela te vient).

Tu trouveras toujours 5, ou 8, ou 13, ou 21 (c’est ça, la suite de Fibonaccipas compliqué, tu ajoutes les deux chiffres précédents pour, de somme en somme, trouver le troisième…)

De même, dans le cœur (pollen) des fleurs, tu trouveras toujours un motif de spirale logarithmique – surnommé spirale de croissance.

Et tout ça pour dire quoi ?

Rien. Juste que je me dis qu’un jour j’écrirai une chronique en anglais partant d’une fleur, du rouleau d’une vague, d’une galaxie ou d’une pomme de pin.

Qu’un jour je relierai ça, ce jeu de “détails“, à autre chose. Au mystère de la vie. Au cyberespace. A notre longue et courte histoire sur terre. Au Big Bang. A la mort. A la finitude. A l’infini, clos. Aux histoires qui naissent, meurent. Se relient, se relisent. A l’écriture.

A l’émerveillement.

Bai Mu Dan

Je bois un thé – un délicieux thé blanc, infusion de bourgeons et jeunes feuilles, d’une transparence presque cristalline. Je laisse le goût de printemps faire comme un soleil dans ma bouche.

J’entrevois, sur ma langue, les premières longues soirées d’été.

Leur venue soudaine de jeune écureuil.

Leur glissement de lézard vers l’automne.

Le début, la fin, inséparables.

Et je regarde en boucle des films comme ça…

https://youtu.be/IR7DW4ysChs

 

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